Dans la tempête covid, Camus avance démasqué

Dans la tempête covid, Camus avance démasqué

Article de Charente Libre, publié le 29 Janvier 2021

 

Un sérieux coup de frein. Dans une filière qui résiste bien à la crise, la maison Camus est, elle, sévèrement touchée. En croissance ces quinze dernières années (1), elle est contrainte de revoir en profondeur son organisation, En cause : les avions cloués au sol et les frontières fermées, Le principal marché de cette entreprise 100 % familiale, c'est le duty free. Il représente 10 % de l'activité de la filière cognac environ; 50 % chez Camus. « Cela nous a amenés à réagir de façon plus importante, dit son président, Cyril Camus, depuis Shanghai. En Juin, nous avons considéré que le marché, qui représente la moitié de notre activité, allait être à l'arrêt pendant une longue période.» Les

indicateurs sont toujours au rouge. Le secteur aérien n’envisage pas de retour à la normale avant 2022. «C'est un choc de nature à changer profondément notre entreprise. Nous devons nous réinventer pour pouvoir vivre et retrouver un développement dans les années futures, sans dépendre du duty free», indique Cyril Camus.

Alors que la Direccte vient de valider le plan de sauvegarde de l'emploi, qui prévoit le départ de treize salariés, il détaille la nouvelle stratégie de la maison, axée sur le luxe, la personnalisation des produits et la transformation digitale.

 

Face à la crise que traverse votre entreprise, vous avez opté pour un repositionnement de la marque. En quoi consiste-til ?

Cyril Camus. Le chantier est plus vaste qu'un simple repositionnement de marque. Nous affrontons une crise sanitaire et la disparition de notre marché principal. Nous avons d’abord dû réorganiser notre manière de travailler, en mettant en place la fleximobilité.

Depuis le 17 mars, le télétravail est la norme chez Camus. À Cognac, nous avons rénové nos bureaux pour faire des espaces de travail sécurisés. Nous ne dépendons plus de l'administration en cas de couvre-feu ou de confinement. Nous avons aussi consolidé notre trésorerie, en souscrivant un prêt garanti par l'État.

 

Quelle est votre stratégie concernant le cognac ?

Nous avons décidé d'aller encore plus vers le luxe (le VS ne représente que 10 % de l'activité). Aujourd’hui, 30 % des produits que nous vendons en ligne sont personnalisés.

La crise nous a permis de lever beaucoup d'obstacles au changement. Il y a eu beaucoup moins de résistance sur l’ensemble de la chaîne, cela nous a permis d’accélérer sur pas mal de sujets : le développement de nos ateliers, où l’on crée des pièces uniques à Cognac, et la transformation digitale.

 

Malgré cette réorientation, vous êtes obligé de supprimer des postes …

Nous avons besoin d'ajuster nos ressources humaines. Nous avons plus de 130 personnes en France; 200 à l'étranger. Nous avons acté la suppression de 19 postes, treize personnes vont devoir partir. Le plan a été validé par la Direccte, le 19 janvier. Nous commençons à recevoir les candidatures à des départs volontaires, À l’issue, nous pourrions être amenés à procéder à des départs contraints.

 

À l'issue du premier confinement, vous avez créé un atelier de masques, l'Atelier 29, à Cognac. Pourquoi ?

Cet atelier répond à un besoin identifié. Nous avions des personnes volontaires et le savoir-faire pour y arriver. Cela a permis de transformer huit postes. Quand le marché principal disparait, il faut regarder quel est notre cœur de métier. Notre cœur de métier, c’est notre capacité à nous adapter, à vendre du haut de gamme et à développer des produits désirables. Nous fabriquons des masques de bonne qualité, désirables et confortables. C’est un atelier qui tourne bien, une activité qu’on souhaite pérenne.

 

Est-ce vraiment un marché porteur quand on sait qu’en France, le gouvernement vient de bannir les masques en tissu ?

Les autres pays n’imposent pas les mêmes règles que la France, qui a annoncé un changement soudain et inattendu. On accélère donc la partie export. Pour la France, on met en route la fabrication de masques niveau I. On va pouvoir faire la transition rapidement.

 

Quels sont les premiers effets de ces mesures ?

Le repositionnement est engagé. On a bien démarré le déroulé du plan. Nous visons une amélioration des performances cette année et un retour à des résultats acceptables en 2022

Consultez l'article dans son intégralité sur Charentelibre.fr

 

 


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